007

James Bond c’est comme aller chez le dentiste

Avant on expérimente une sorte d’angoisse mêlée d’excitation : ça va faire super mal mais on espère quand même allez mieux après, hein ?

Pendant on est cramponné au siège, tout crispé qu’on est sur le sort du héros et de notre prémolaire.

Et puis après, ben, bof c’était rien en fait, presque même pas mal…

Ce soir on a regardé SPECTRE. J’étais un peu circonspect au moment de regarder ce film. La bande annonce m’avait bien fait baver (je suis client des palpitantes aventures de 007, c’est kitsch à souhait, mais c’est un petit plaisir coupable) et on sentait tout le potentiel de l’intrigue, du méchant mystérieux surgit du passé de James. Raté au cinéma pour cause de trop de chose mieux à faire, je vais enfin pouvoir constater de quoi il en retourne cette fois-ci au pays de agents secrets de sa majesté. Mais voilà, pfiout ! Au fur et à mesure du film la tension baisse inexorablement. À un moment James se retrouve sur une chaise de dentiste pour la séance de torture contractuelle. Des foreuses lui percent le crâne pour le priver de ses sens et – attention le supplice machiste – lui effacer la mémoire de ses conquêtes ! Même pas mal ! Trois minutes après il gambade tel un fringant étalon, une blonde donzelle en croupe (attention à l’ordre des mots dans cette phrase).

En fait, je crois que le rôle du méchant a été sous écrit. Christoph Waltz est bon, mais il n’a pas beaucoup de matière pour donner de l’épaisseur au personnage. Ses menaces tombent à plat, même quand on connaît un peu l’univers de 007. Ici c’est quand même le méta-méchant que Bond affronte. Javier Bardem était franchement terrifiant dans Skyfall…Mais là, non, à part la scène de la réunion qui est plutôt pas mal ficelée, tout est trop caricatural (ce qui pour 007 est un comble). On ne comprend jamais comment tout ce complot a été ficelé, on voit arriver C avec ses gros sabots, JB détruit sa énième voiture de sport à trop de millions (je reviendrais sur les malus d’assurance du MI6 et de Star Trek aussi dans un autre article), bref pas grand chose à sauver. Ah si, Léa Seydoux m’a fait une bonne impression. Notre Scarlett Johansson de proximité est bonne. Je sens planer un doute, je veux dire vraiment bonne, actrice. Je ne l’ai pas trouvé caricaturale comme la James Bond girl lambda. Elle a une palette d’émotions assez complète et elle joue « nature ». Une bouffée d’air frais dans cette grosse machine à faire BOOOM.

Bref, encore un film à bon potentiel, raté pour cause de méchant bâclé (j’aurai presque pu dire la même chose de Deadpool, vu la semaine dernière, j’y reviendrai peut-être, ou pas).

James Bond c’est comme aller chez dentiste, sauf que j’ai jamais fait exploser le mien…

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